Scélérats

 

Tout au long de sa vie, Guillaume fut en butte à maints procès, d'ordre financier ou territorial. Ses dettes s'accrurent lorsque Simon de Montfort entreprit de le ruiner. En tant que royaliste engagé, Guillaume avait combattu les de Montfort et dévasté le manoir de Sedgewick, appartenant à Simon de Montfort le jeune et situé dans le rape de Bramber. Au cours des mois qui suivirent la victoire de Simon de Montfort à la bataille de Lewes, les visées de ce dernier étaient tout autant de se venger que d'accroître sa propre expansion dans le Sussex.

Guillaume de Braose ne comparut pas à la Tour de Londres lorsqu'un tribunal l'assigna pour entendre les charges portées contre lui par Simon de Montfort. En juin 1264, des dommages et intérêts lui furent réclamés pour l'excessive somme de dix mille marks. En outre, son fils et héritier et son château de Knepp, déjà saisi par Simon de Montfort, devaient être retenus jusqu'à ce que des arrangements pour le paiement fussent pris. Le jeune Guillaume de Braose fut gardé chez Eleanor de Montfort jusqu'à la défaite de son mari à la bataille d'Evesham en 1265.

En 1278, le port de Shoreham porta plainte auprès du roi contre Guillaume, à propos des méthodes d'extorsion de taxes croissantes et de droits de douane abusifs. Il fut accusé de prendre "de chaque bateau un fût devant le mât et un derrière, et, en outre, de s'emparer de cire et autre marchandise contre la volonté des marchands et en dépit du roi". Guillaume dénia ces chefs d'accusation mais ses affaires financières étaient devenues une source de scandale et il y gagna une réputation de scélérat.

Un historien de Swansea (W H Jones) est cité dans le guide du château d'Oystermouth se rapportant aux de Braose, seigneurs du Gower. "Les de Braose étaient un clan licencieux de flibustiers, qui semblent avoir été tellement habitués à la duplicité et aux chicanes qu'il leur était impossible d'être loyaux et honnêtes dans leurs rapports de voisinage." Guillaume mourut en 1291 et fut enterré à Findon, dans le Sussex. Son fils aîné, Guillaume, fut le dernier des de Braose de Bramber.

Fidèle à la tradition paternelle, le jeune Guillaume eut maille à partir avec la justice, pour des querelles latentes grondant sourdement pendant des années. En 1306, ses fermiers du Gower en appelèrent à l'arbitrage du roi, ayant pris l'énergique décision de déserter leurs terres. Ils accusaient leur seigneur de faillir à ses devoirs de protection envers leurs personnes et leurs droits. Son manque d'égards et sa mauvaise gestion avaient déshonoré les suzerainetés des marches. Guillaume fut contraint d'établir des chartes précisant les droits des bourgeois de Swansea et de ses tenanciers du Gower.

Une autre affaire atteignit son point culminant en 1307. La cour exigea qu'il donne huit cents marks à Mary de Roos, la veuve de son père. Furieux, Guillaume monta à la barre et insulta aigrement le juge. Le roi lui ordonna de se rendre à pied de Westminster à l'Échiquier, tête nue, sans ceinturon et sans glaive, pour aller quêter le pardon du juge. Il fut alors envoyé à la Tour de Londres pour outrage à la Cour. Guillaume était presque en faillite et dut vendre ses terres pour payer ses dettes.

On pense que le Marlipins de Shoreham, édifice du XIIème siècle, maintenant un musée, servait de bureau de douane au port et doit avoir été le théâtre des prétendues exactions de Guillaume.


L'église de Saint John the Baptist à Findon fut octroyée au prieuré de Sele par Jean, le père de Guillaume. Une merveilleuse cloison de chêne a subsisté de cette époque mais il n'y a pas trace du tombeau de Guillaume.

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